« Graver le temps sur une cire où s'enregistrent tous les sons du monde. »
Pierre Schaeffer, 1952
Autrement dit, l’enregistrement n’est pas une simple transcription technique du son musical.
Enregistrer, c’est se mettre avant tout en situation de saisir toutes les intentions plus ou moins conscientes qui président à ce moment furtif et toujours bouleversant où un musicien rompt le silence et émet un son.
Enregistrer, c’est non seulement comprendre le musicien, entrer en résonance avec ses désirs, mais aussi l’accompagner, le mener jusqu’à l’instant de l’interprétation — puis en quelque sorte l’en déposséder, s’approprier totalement cet instant immatériel pour en proposer un instantané qui est toujours un point de vue subjectif et singulier sur une réalité qui par nature échappe.
.
Voilà pourquoi il nous semble si nécessaire de maîtriser l’outil technique, d’en connaître les moindres contraintes. Toute captation est une lecture, une traduction (et donc une trahison) de ce qui se joue effectivement. Maîtriser l’outil, c’est prévoir cette distorsion pour la dépasser et parvenir à recréer la mise en scène sonore parfaitement équilibrée acoustiquement dans le lieu choisi pour la prise de son. |