« Et j’ai retrouvé avec émotion, en faisant tourner, comme un simulacre de la sorcellerie moderne, le disque noir du phonographe, le paysage même des évocations poétiques. »
Robert Desnos, 1928
Et chaque étape technique de son incarnation (émission du son, captation, mixage, mastering) participe de ses sortilèges en révélant, prolongeant, modifiant, accentuant, les intentions du geste initial.
En ce sens, le mastering n’est en rien une simple formalité technique destinée à mettre au propre la copie mais bien un acte authentiquement créatif, tout d’intuition, de précision et de finesse.
Ultime moment de la fabrication de l’œuvre, ultime mise en perspective de l’ensemble des éléments sonores, le mastering est, dans la longue chaîne des métamorphoses,
le geste décisif et définitif qui fixe et donne forme — l’ingrédient final qui, en entrant dans la constitution du filtre / philtre à travers quoi l’auditeur aura accès à la magie de la musique, donne à ce qui n’était encore que « mise à plat », son relief, sa cohérence et tout son pouvoir de séduction.
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